La lutte contre les espèces envahissantes

L’Homme, grâce à ses échanges entre les peuples, a favorisé l’importation en Europe d’un très grand nombre d’espèces, végétales et animales, à des fins ornementales, thérapeutiques ou économiques. Cependant certaines de ces espèces dites exotiques se sont acclimatées et se développent, depuis, naturellement sur nos territoires, engendrant des conséquences néfastes pour les milieux, les activités et les usages. L’arrivée d’une nouvelle espèce peut être considérée comme un enrichissement de la biodiversité locale, mais aussi comme une catastrophe écologique.

Les espèces végétales

Elles sont appelées « jussie », « myriophylle », « élodée », « renouée », « baccharis » et trouvent en nos régions les conditions adéquates à leur développement. Les conséquences liées au phénomène d’envahissement sont nombreuses et variées :

  • disparition d’espèces végétales locales
  • impacts sur la qualité et la quantité de poissons, d’amphibiens, etc
  • asphyxie du milieu (consommation de l’oxygène)
  • ralentissement des écoulements, accélération de l’envasement…
  • fermeture de zones de pâturage
  • navigation perturbée, voire impossible
  • chasse au gibier d’eau compromise

Les jussies

La jussie L.uruguayensis et la jussie L.peploides ont été respectivement identifiées sur le territoire en 1994 et 2007 (sources : PnrBrière). La différenciation n’étant pas aisée, le terme Jussie se reportera aux deux espèces. La jussie est une plante aquatique enracinée immergée ou émergée pouvant former des herbiers denses presque impénétrables.

Le myriophylle du Brésil

Myriophyllum aquaticum est arrivé sur le bassin versant dans les années 90. Son développement s’est accéléré en 2008-2009 sur le bassin versant en contaminant une large partie des marais du Brivet.

De nombreuses autres espèces exotiques végétales aquatiques et terrestres sont présentes sur le bassin versant. Une surveillance particulière est réalisée sur la renouée du Japon, le baccharis et l’élodée.

Les actions du SBVB

  • L’arrachage manuel

Le SBVB intervient depuis 2003 sur des opérations d’arrachage manuel des herbiers de jussies et de myriophylle du Brésil sur les marais de la Boulaie pour limiter la progression des plantes.

Suite à la prise de la compétence GEMAPI (Gestion des Milieux Aquatiques et Prévention des Inondations) au 01/01/2018, le SBVB devient maître d’ouvrage des travaux d’arrachage de la jussie sur l’ensemble du territoire (Brière-Brivet) en partenariat avec la CSGBM et le PNRB.

Des agents saisonniers, interviennent en juin et en juillet pour arracher les herbiers de jussies et de myriophylle du Brésil. Les sacs de récolte sont exportés sur la plateforme de compostage de Cuneix (Saint-Nazaire).

Ces actions ont été tout ou partie financées par les partenaires du SBVB : Agence de l’eau Loire-Bretagne, Région Pays-de-laLoire, et le soutien de fonds FEDER (Fonds Européen de Développement Régional).

  • La mise en place de barrages-filtres

Le SBVB, en collaboration avec le PnrB, teste depuis 2010 la mise en place de barrages-filtre pour limiter la diffusion des boutures sur les ruisseaux et les canaux de marais. Ces dispositifs sont placés en aval de foyers conséquents et ont notamment pour objectifs de piéger les boutures et de protéger certains secteurs non colonisés.

Les espèces animales

Crédit photo : Polleniz

La forte présence des ragondins et des rats musqués aussi nommés Rougeurs Aquatiques Envahissants (RAE) sur le territoire n’est plus à démontrer !

Considérés comme des espèces invasives, ils provoquent des dégâts importants dans le domaine environnemental (concurrence avec d’autres espèces autochtones), agricole (dégradation des berges, dégradation des cultures) et de la santé publique (Leptospirose). Ces impacts ont amené les acteurs du territoire à réaliser différentes actions depuis plusieurs années qui se sont avérées disparates sur le bassin versant Brière-Brivet.

La lutte des RAE sur le territoire du SBVB 

La lutte contre les RAE est identifiée à différentes échelles règlementaires (européenne, nationale et départementale). Dans l’arrêté préfectoral du 13 octobre 2011 il est décidé sur tout le territoire de la Loire Atlantique la mise en place d’une lutte dite collective. La structure identifiée en tant que délégataire pour l’organisation et le suivi de cette lutte est POLLENIZ (anciennement la Fédération Départementale des Groupements de Défense contre les Organismes Nuisibles).

Deux types de gestion ont été répertoriées sur le territoire dans le cadre de la lutte collective :

–          le piégeage (3/4 du territoire)

–          et le tir collectif (1/4 du territoire).

Les modalités de la lutte des RAE sur le territoire du SBVB 

La mise en place de la lutte collective nécessite un arrêté municipal par les communes. L’arrêté municipal identifie le type de gestion (piégeage et/ou tirs collectifs) mis en place sur la commune afin de répondre à l’arrêté préfectoral.

L’arrêté municipal va engager sur la commune :

–          la délégation de la responsabilité du maire face aux problèmes liés aux RAE à POLLENIZ ;

–          la prime à la queue, qui est versée aux piégeurs et aux chasseurs dans le cadre de la lutte collective organisée par POLLENIZ. Pour obtenir la prime à la queue la personne qui a piégé doit être impérativement inscrite en mairie en tant que piégeur. Dans le cadre des tirs collectifs, l’association de chasse doit prendre contact avec POLLENIZ afin d’organiser comme il se doit la battue. La comptabilisation des queues de ragondins pour les battues et le piégeage doit passer par la structure reconnue pour organiser et suivre la lutte collective (arrêté préfectoral du 13 octobre 2011) : POLLENIZ.

–          l’exonération de piégeage pour les piégeurs bénévoles, par leur inscription en mairie.

Tendre vers une gestion cohérente des RAE sur le territoire du SBVB

À compter du 1er janvier 2019, le SBVB assure la coordination de la gestion des RAE à l’échelle du bassin versant Brière-Brivet. Concrètement, le syndicat suit le nombre de ragondins et rats musqués prélevés lors de la lutte et assure le suivi financier de l’action en collaboration avec POLLENIZ.

POLLENIZ (anciennement la Fédération Départementale des Groupements de Défense contre les Organismes Nuisibles) reste l’organisme référent pour l’organisation et le suivi de la lutte.

Le SBVB devient donc avec POLLENIZ les organismes référents pour la lutte contre ces espèces. Toutefois les communes restent partie prenante en adhérant financièrement à cette lutte sur leur territoire.

Trois volets seront pris en compte dans cette gestion, et financés par le SBVB à hauteur de 100 000 € :

–          Volet animation-coordination de la lutte collective réalisé par POLLENIZ

–          Volet prime à la queue dans le cadre de la lutte collective : la prime à la queue payée jusqu’alors par une majorité des communes du territoire est désormais pris en compte par le SBVB à hauteur de 2 € sur l’ensemble du territoire (cas particulier des communes de la communauté de communes d’Estuaire et Sillon qui maintiennent à 3€). Un plafond budgétaire maximal est néanmoins fixé.

–          Volet matériel : des bacs d’équarrissages pour la gestion des cadavres dans le cadre des tirs collectifs, et des cages-pièges seront mises à disposition (matériels traçables).

Les communes concernées par cette gestion sont présentées sur la carte ci-dessous.

Une convention sera mise en place entre le SBVB (coordinateur) et POLLENIZ (organisateur) afin de tendre vers une stratégie territoriale pour la gestion des RAE en cohérence avec le futur Contrat Territorial (SBVB) et le Plan d’Actions Régional des RAE (POLLENIZ).

Pour tout renseignement complémentaire concernant l’organisation opérationnelle de la gestion veuillez contacter POLLENIZ 44 au : 02 40 36 83 03.

Pour tout renseignements sur la coordination de la gestion sur le territoire veuillez contacter le SBVB au : 02-40-45-57-11.

espèces envahissantes brivet

De nombreuses autres espèces animales envahissantes sont présentes sur le territoire comme l’écrevisse de Louisiane, l’ibis sacré ou encore certains poissons comme le poisson-chat ou la perche soleil. Pour tous renseignements sur ces espèces :

http://www.parc-naturel-briere.fr
Parc naturel régional de Brière / tel : 02 40 91 68 68

Syndicat du Bassin Versant du Brivet - Tél. 02 40 45 60 92 - contact@sbvb.fr