La restauration et l’entretien des marais

Les travaux de curage

Les marais, qu’ils soient ou non endigués, sont par essence des zones de comblement. En l’absence d’entretien hydraulique destiné à contrer ce phénomène, ils sont amenés à disparaître en quelques générations pour former d’autres paysages.

Aujourd’hui, le recul constaté des zones humides face aux conquêtes des aménageurs conduit à prendre tout particulièrement soin des zones de marais qui demeurent fonctionnelles, qui rendent encore les services et remplissent les fonctions que l’on attend d’elles.

Les travaux de curage constituent l’action d’entretien traditionnelle des réseaux dans le marais et ont pour objectifs :

Le Contrat territorial Milieux Aquatiques 2011-2015 prévoit le curage d’environ 140 km de canaux du réseau principal (réseaux primaire et secondaire).

Certains propriétaires du réseau privé (communes et agriculteurs), dit réseau tertiaire, bénéficient également des autorisations nécessaires à la réalisation de ce type de travaux pour permettre une démarche cohérente sur le territoire.


La valorisation du Noir de Brière

Auparavant, les Briérons vivaient des ressources du marais : tourbe pour le chauffage, roseaux pour les toits en chaume, vases extraites des canaux et plans d’eau (dit le « Noir de Brière ») pour améliorer la qualité du sol des jardins et des cultures… Depuis une cinquantaine d’années, ces activités ont disparu, ce qui a entrainé une accumulation de vase et une progression de la roselière dans le marais de Brière.

Pour pallier à cette problématique de comblement du marais, la Commission syndicale de Grande Brière Mottière (CSGBM), gestionnaire du marais indivis, le Syndicat Mixte du Parc naturel régional de Brière et le Syndicat du Bassin versant du Brivet ont entrepris des opérations de curage des canaux et plans d’eau à l’aide de pelleteuses mécaniques et d’une drague suceuse.

En parallèle, face à la raréfaction de la tourbe, la société Florentaise qui fabrique et commercialise terreaux et supports de culture a intégré le projet. Sensible aux arguments écologiques, l’entreprise s’est montrée intéressée par les perspectives d’une solution alternative à l’utilisation de la tourbe dans la fabrication de ses terreaux.

Ainsi, depuis 1997, la « Florentaise », a intégré le projet. En 2005, un arrêté préfectoral pour 15 ans a été délivré à  Florentaise pour évacuer et valoriser « le Noir de Brière »

Une convention quadirpartite a été signée entre le SBVB, le Parc, la Florentaise et la CSGBM, dans laquelle la CSGBM concède à la Florentaise l’enlèvement et la commercialisation des déblais de curage du marais de Brière pour son propre compte. Le SBVB a, lui, en charge le suivi de l’extraction et de la mise en lagune. La Florentaise intervient ensuite pour récupérer, transporter et valoriser le Noir de Brière.

En contrepartie de la récupération gratuite et de l’utilisation des vases du marais, la Florentaise réalise certains travaux compensatoires sur le marais pour le compte de la commission : création de lagune pour le stockage des vases, restauration de plans d’eau ou de piardes…

Aujourd’hui, le Noir est utilisé en tant qu’une des matières premières rentrant dans la composition de terreaux Ecolabélisés sans tourbe donc plus respectueux de l’environnement. Le Noir de Brière est donc intégré dans une démarche environnementale globale où chaque acteur du territoire agit pour le bien du Marais de Brière.

La protection et la restauration des berges

Les travaux de curage visent à entretenir et à restaurer les canaux de marais qui se comblent naturellement. Toutefois, le processus naturel d’envasement et/ou de sédimentation est accentué par la forte dégradation des berges des canaux de marais recensée sur le territoire. Plusieurs raisons à cette dégradation :

Le ragondin sape les berges où il s’installe en creusant son terrier. Il creuse des terriers de 30 cm de diamètre dans les berges et se déplace soit dans l’eau, soit sur les rives sans vraiment s’éloigner de l’eau. Le problème est que ces terriers et coulées déstabilisent les berges, voire provoquent leur affaissement et fragilisent les infrastructures hydrauliques (barrages, digues) qu’elles soutiennent.

L’écrevisse peut également creuser des galeries dans les berges.

  • Le piétinement des animaux sur les zones d’abreuvement

L’accès du bétail pour son abreuvement est une question primordiale tant elle est répandue et impactante sur le milieu aquatique. En effet, les secteurs dépourvus de clôtures sont particulièrement sensibles au piétinement du bétail. Les abreuvoirs « sauvages » sont très nombreux : on y constate une dégradation des berges, mais aussi du canal par le rejet de matières en suspension dans le cours d’eau.

Dans le cadre du Contrat Territorial Milieux Aquatiques, le SBVB propose aujourd’hui la fourniture d’abreuvoirs adaptés et de clôtures aux propriétaires et/ou exploitants possédant des parcelles afin de limiter la dégradation des berges. Le Syndicat s’engage à sensibiliser les agriculteurs sur l’impact de l’abreuvement direct sur les milieux aquatiques. Des systèmes alternatifs peuvent être préconisés pour limiter l’accès du bétail grâce à la mise en place ou le remplacement de clôtures et d’une pompe à museau afin de maintenir les points d’abreuvement. Des descentes aménagées ainsi que des bacs à eau peuvent également être préconisés dans certains secteurs fortement dégradés.

> Pour plus de renseignements, merci de contacter Justine Malgogne au 02 40 45 57 09.

Syndicat du Bassin Versant du Brivet - Tél. 02 40 45 60 92 - contact@sbvb.fr