La restauration et l’entretien des cours d’eau

Les cours d’eau exercent des fonctions multiples dans notre environnement. Deux types de cours d’eau non domaniaux sont recensés sur le bassin versant : les ruisseaux cadastrés et les ruisseaux non cadastrés.

  • Les ruisseaux cadastrés ont la plupart du temps été impactés par des opérations de recalibrage au moment du remembrement. Ils ont été propriété des Associations Foncières de Remembrement (AFR), aujourd’hui pour la plupart dissoutes. Ils sont aujourd’hui propriété des communes qui ont récupéré les biens des AFR et leur entretien relève donc de la commune.
  • Les ruisseaux non cadastrés : les berges et le lit mineur des cours d’eau non domaniaux appartiennent aux propriétaires riverains. D’après le Code de l’Environnement, l’obligation d’entretenir les cours d’eau s’attache à la propriété du lit. Ce sont donc les riverains qui ont des obligations d’entretien de leur berge. Selon les articles L215-1 à 6 du code de l’environnement, les lits des cours d’eaux appartiennent aux propriétaires riverains, la limite séparative se situant au milieu du lit de la rivière. Ils sont également propriétaires des alluvions, relais, atterrissements et îles qui se forment dans les cours d’eau.

Dans le cadre du CTMA, le SBVB réalise différentes opérations sur les berges et le lit des cours d’eau du bassin versant par arrêté préfectoral du 16 août 2011, déclarées d’intérêt général, au titre de la législation sur l’eau et les milieux aquatiques. Les communes du bassin versant ont également délégué la maîtrise d’ouvrage pour toutes ces actions.

Les actions sur les berges

L’entretien et la restauration des berges permettent de maintenir la stabilité, la qualité et les fonctions écologiques de la végétation des berges.

La gestion de la ripisylve

La végétation des berges (ripisylve) doit être entretenue à travers des interventions sélectives et régulières en respectant la régénération d’une végétation diversifiée en âge, en essences et en strates (buissons, arbustes, arbres). Il s’agit essentiellement de travaux forestiers avec des interventions sélectives type abattage, élagage ou encore recépage.

Les rémanents (résidus de coupe) tout comme le bois de chauffage sont entreposés en andains en retrait de la berge. Le bois de chauffage revient aux propriétaires riverains. La gestion des rémanents est confiée la plupart du temps aux propriétaires et/ou exploitants agricoles. Les interventions ont lieu entre le mois d’octobre et le mois de mars.

Les travaux d’entretien et de restauration de la ripisylve inscrits au CTMA concernent environ 250 km de berges des cours d’eau du bassin versant.

entretien des cours d'eau briere brivet

La protection et la restauration des berges

Une forte dégradation des berges des ruisseaux du bassin versant a été constatée lors de l’étude préalable au CTMA en 2007-2008. Les raisons de cette dégradation : le développement des espèces envahissantes et le piétinement des animaux dans les zones d’abreuvement.

En effet, les points directs d’abreuvement aux cours d’eau posent de nombreux problèmes :

  • Dégradation de la qualité de l’eau : mise en suspension de particules, risque de contamination bactériologique.
  • Dégradation du milieu : piétinement et détérioration des berges, envasement et colmatage du lit mineur.
  • Risque sanitaire pour le bétail.

L’accès du bétail pour son abreuvement est une question primordiale tant elle est répandue et impactante sur le milieu aquatique. En effet, les secteurs dépourvus de clôtures sont particulièrement sensibles au piétinement du bétail. Les abreuvoirs sauvages sont très nombreux : on y constate une dégradation des berges, mais aussi du canal par le rejet de matières en suspension dans le cours d’eau.

Dans le cadre du Contrat Territorial Milieux Aquatiques, le SBVB propose aujourd’hui la fourniture d’abreuvoirs adaptés et de clôtures aux propriétaires et/ou exploitants possédant des parcelles afin de limiter la dégradation des berges. Le Syndicat s’engage à sensibiliser les agriculteurs sur l’impact de l’abreuvement direct sur les milieux aquatiques. Des systèmes alternatifs peuvent être préconisés pour limiter l’accès du bétail grâce à la mise en place ou le remplacement de clôtures et d’une pompe à museau afin de maintenir les points d’abreuvement. Des descentes aménagées ainsi que des bacs à eau peuvent également être préconisées dans certains secteurs fortement dégradés.

 

Les actions sur le lit mineur

La politique agricole et la prévention des inondations ont conduit à la modification physique des cours d’eau par des travaux de recalibrage et de rectification.

Les travaux de recalibrage correspondent à un élargissement et à un creusement du lit mineur à l’aide de pelles mécaniques pour lui donner un profil transversal homogène. Ce type de travaux a été utilisé de manière très fréquente dans les zones rurales et péri-urbaines, particulièrement au cours des années 1950 à 1980, pour diminuer la fréquence de submersion des terres.

De plus, de très nombreux ruisseaux au tracé naturellement sinueux ont été artificiellement rectifiés, en particulier lors des périodes de remembrement agricole pour linéariser les parcelles agricoles.

Les travaux de recalibrage et de rectification des ruisseaux se traduisent aujourd’hui par de nombreux dysfonctionnements du milieu :

  • Homogénéité des habitats aquatiques et des faciès d’écoulements
  • Perte du pouvoir auto-épurateur et accélération de l’envasement
  • Drainage permanent de la nappe et disparition des zones humides

Ces travaux sur les ruisseaux ont amplifié l’intensité des ondes de crue et par conséquent des risques d’inondation en aval des bassins versants.

L’étude préalable au CTMA a mis en évidence une forte dégradation de la qualité des cours d’eau du bassin versant Brière-Brivet au regard des objectifs de la Directive Européenne Cadre sur l’Eau (DCE). Le SBVB met aujourd’hui des actions visant à rétablir les qualités physiques et biologiques de ces cours d’eau.

Les opérations de renaturation et de diversification

La restauration physique du lit mineur passe par l’aménagement d’une portion du lit pour favoriser une diversification des habitats et des faciès d’écoulement. Suivant les cours d’eau, la diversification sera réalisée par la mise en place d’aménagements bois ou pierre (radiers, risbermes, micro-seuils, épis…).

Des travaux dits de « recharge » seront réalisés sur les cours d’eau fortement modifiés, surcreusés et élargis. Un apport important de substrat de différentes granulométries provenant de carrières locales est alors préconisé.

Enfin, des travaux de reméandrage du lit peuvent être préconisés après concertation avec les riverains sur des cours d’eau rectifiés. Des opérations plus lourdes de terrassement sont alors nécessaires afin de redonner une sinuosité au ruisseau et un profil plus adapté.

Les actions sur le lit mineur recensées dans le cadre du CTMA représentent un linéaire d’intervention d’environ 29 km de cours d’eau.

 

La gestion sélective des embâcles

Par définition, un embâcle est une obstruction du lit d’un cours d’eau. Il s’agit le plus souvent d’un ou plusieurs arbres tombés dans le lit avec un amas de végétaux (branches, troncs, herbes, feuilles…). Les embâcles participent à la diversité du milieu et des écoulements. Il est intéressant de les conserver et de les gérer pour éviter un appauvrissement des habitats aquatiques. Ces accumulations de bois morts sont de plus une source de nourriture pour la faune aquatique. Ces embâcles peuvent néanmoins apporter des nuisances au ruisseau en terme de fonctionnement hydraulique et d’usage, d’où la nécessité d’une intervention.

Pour les embâcles qui sont bien ancrés dans le lit mineur, il convient de couper les parties aériennes qui peuvent présenter des verrous aux écoulements. Ces parties sont également sujettes au pourrissement, alors que les parties immergées se dégradent beaucoup plus lentement. Les zones immergées constituent de bonnes caches pour la faune piscicole et doivent alors être conservées pour la diversité d’habitats qu’elles offrent.

Les embâcles qui ne sont que l’accumulation de bois morts et qui ne sont pas ancrés dans le lit mineur (dépôt sur atterrissement, au niveau des ponts…) sont autant de bois qui peuvent être transportés vers l’aval et venir grossir d’autres embâcles. Ces embâcles doivent alors être totalement retirés.

Les souches devront être conservées au maximum dans le lit des cours d’eau. Si elles doivent être retirées, elles seront soit évacuées soit mise dans des trous dans la parcelle voisine.

Les techniques de retrait relatives à l’enlèvement des clôtures et autres obstacles sont les mêmes. Pour les interventions réalisées dans le lit mineur, il est important de faire attention à la protection des berges lors de l’enlèvement des troncs.

 

 L’aménagement de passage à gué

La conception du passage à gué aménagé peut être préconisé suite au piétinement et à la dégradation avérée des berges du ruisseau. Elle consiste à empierrer le lit de la rivière de manière à en stabiliser le fond. Des clôtures fixes balisent le passage si la fréquence de passage d’une berge à l’autre est forte.

 

> Pour plus de renseignements, merci de contacter Guillaume PANHELLEUX au 02 40 45 60 92.

Syndicat du Bassin Versant du Brivet - Tél. 02 40 45 60 92 - contact@sbvb.fr