La restauration de la continuité écologique

Généralités

Les ressources piscicoles

L’anguille, Anguilla anguilla, est l’espèce emblématique du bassin versant Brière-Brivet. Autrefois considérée comme nuisible, elle est aujourd’hui en danger d’extinction par l’UICN. La situation de l’anguille sur le bassin, comme sur l’ensemble de son aire de répartition, est critique. En 2007, l’Europe a instaurée un Règlement Européen pour la reconstitution du stock d’anguilles européennes, qui impose aux états membres de prendre des mesures strictes pour préserver l’anguille à travers un Plan de Gestion Anguille.

Comme pour tous les poissons migrateurs, l’anguille et en l’occurrence la civelle, rencontre lors de sa migration de nombreux obstacles qui limitent ou interdisent sa progression en milieu continental. Elles font l’objet d’une attention particulière dans le cadre du CTMA avec la mise en place d’actions et la réalisation de travaux en marais et en cours d’eau.

De nombreuses autres espèces piscicoles à valeur patrimoniale sont bien entendu présentes sur le territoire comme le brochet ou le sandre. Dernièrement, les pêches électriques réalisés sur cours d’eau (IPR) ont permis de détecter la présence de la Lamproie de planer sur la tête du bassin versant, espèce inscrite sur la liste rouge des espèces menacées en France.

Le contexte réglementaire

La notion de « continuité écologique » est reprise dans la Directive Cadre sur l’Eau (DCE) relative à la définition du « bon état ». Selon la DCE, la continuité des canaux et des cours d’eau est assurée par :

  • le rétablissement des possibilités de circulation (montaison et dévalaison) des organismes aquatiques à des échelles spatiales compatibles avec leur cycle de développement et de survie durable dans l’écosystème
  • le rétablissement des flux de sédiments nécessaires au maintien ou au recouvrement des conditions d’habitat des communautés correspondant au bon état.

La continuité écologique, qui se définit simplement par la libre circulation des espèces biologiques et le bon déroulement du transport naturel des sédiments, est également l’une des priorités du Grenelle de l’environnement dans lequel ont été définis des ouvrages dits « Grenelle ». Ces ouvrages sont des obstacles à l’écoulement, sur lesquels des actions de restauration de la continuité écologique (effacement, équipement de dispositifs permettant de limiter efficacement la fragmentation écologique…) sont possibles à plus ou moins long terme.

La loi sur l’eau et les milieux aquatiques du 30 décembre 2006 (LEMA) et sa traduction dans l’article L 214-17 du Code de l’Environnement (CE) a initié une réforme du classement des cours d’eau en l’adaptant aux exigences de la Directive Cadre sur l’Eau. L’article L 214-17 du CE précise que l’autorité administrative établit pour chaque bassin :

  • Une liste de cours d’eau (« liste 1 ») ou parties de cours d’eau parmi ceux qui sont en très bon état écologique ou identifiés par les schémas directeurs d’aménagement et de gestion des eaux (SDAGE) comme jouant le rôle de réservoir biologique nécessaire au maintien ou à l’atteinte du bon état écologique, ou dans lesquels une protection complète des poissons migrateurs est nécessaire, sur lesquels aucune autorisation ou concession ne peut être accordée pour la construction de nouveaux ouvrages s’ils constituent un obstacle à la continuité écologique.
  • Une liste de cours d’eau (« liste 2 ») ou parties de cours d’eau parmi lesquels il est nécessaire d’assurer le transport suffisant des sédiments et la circulation des poissons migrateurs. Tout ouvrage doit y être géré, entretenu et équipé selon des règles définies par l’autorité administrative, en concertation avec le propriétaire ou, à défaut, l’exploitant. Les ouvrages existants devront être mis en conformité dans un délai de 5 ans après la publication de l’arrêté de classement.

Les actions du syndicat

Les manœuvres d’ouvrages

Les techniciens du SBVB réalisent des manœuvres spécifiques sur les ouvrages estuariens du bassin versant. Ces ouvrages constituent les premiers obstacles à la colonisation par les civelles qui s’accumulent en aval de ces obstacles. Ces manœuvres sont aujourd’hui la solution la plus adaptée favorisant la migration des civelles tout en maintenant une gestion hydraulique adéquate dont dépendent de nombreux usagers. Un calendrier de manœuvres est proposé par le PnrB au SBVB pendant la remontée des civelles. Il prend en compte les coefficients de marées et les cycles lunaires.

Les passes à civelles

Ces dispositifs ingénieux composés d’un tapis « brosse » et d’une pompe, refoulent de l’eau douce de l’amont vers l’aval pour attirer les civelles. Ces ouvrages ne suffisent plus à assurer une recolonisation des civelles, mais permettent d’évaluer leur présence.

Elles sont présentes sur les ouvrages de Méan, du Priory, de Martigné, du Pont de l’Angle et de Boisman. Les techniciens du SBVB assurent un entretien et un suivi régulier de ces dispositifs ainsi qu’un comptage des civelles en période de migration.

Les aménagements sur cours d’eau

La problématique de la libre circulation piscicole, ou plus généralement de la « continuité écologique » des cours d’eau a été récemment élargie, suite à la parution de la Directive Cadre Européenne sur l’Eau. Elle s’étend maintenant à l’ensemble de la faune piscicole et va au-delà des espèces emblématiques migratrices ou d’intérêt halieutique fort.

Le programme du CTMA prévoit un ensemble d’aménagements sur cours d’eau afin de rétablir les conditions maximales de colonisation. Les actions ont été ciblées sur les cours d’eau qui constituent des axes de migration et qui permettent une bonne ouverture en termes de colonisation du bassin versant.

Les obstacles principaux susceptibles d’entraver la libre circulation piscicole sont les buses ou radiers existant sur tous les secteurs de franchissements (routes et ponts). Le CTMA prévoit donc la réalisation de petits aménagements en enrochements non associés de manière à remonter le niveau d’eau en aval des passages busés ou des radiers de ponts. Ils sont accompagnés par la réalisation de mini-seuils, en fonction du dénivelé, et d’une recharge en granulats entre le point « bas » sur le ruisseau, et le point « haut » au niveau de l’ouvrage.

 

 

 

 

 

 

> Pour plus de renseignements, merci de contacter Emmanuel HERAULT au 02 40 45 57 08.

Syndicat du Bassin Versant du Brivet - Tél. 02 40 45 60 92 - contact@sbvb.fr